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Haïti – Rép. dominicaine : Esclaves, de l’enfer au paradis
Faubert Bolivar www.alterpresse.org |
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Je suis allé voir l’exposition Esclaves au paradis à la rue José Marti, Port-au-Prince. Je me devais
d’aller voir ce travail qui a eu un certain succès et fait couler beaucoup d’encre et de salive,
surtout du côté de chez le voisin.
J’ai vu des photos montrant l’atrocité des conditions de vie des Haïtiens dans les bateyes de là-bas.
Une vingtaine d’images prétendument choquantes. Et aucune ne m’a surpris ni choqué.
On reconnaît que l’expo, signée Céline Anaya Gautier, photographe franco-péruvienne, a un mérite
politique, diplomatique. Elle dénonce, elle montre, elle fait voir à ceux qui ne le savaient pas, le
racisme anti-haïtien qui fait loi de l’autre côté de la frontière. Les voisins n’ont pas tort, qui ont
tout fait pour combattre la circulation de ces images, et de leurs messages.
Il est bon, en effet, que le monde entier sache comment, au paradis qu’ils recyclent à coup d’euros et
de dollars, des êtres humains sont réduits à l’état de bête, parce que noirs, parce que Haïtiens.
Je signerais, en ce sens, n’importe quelle pétition, je célébrerais n’importe quelle image qui puisse
permettre aux uns et aux autres de prendre conscience de cet état de fait et de le stopper. N’importe
quelle pétition, n’importe quelle image !
Dans cette optique, on reconnaît que l’expo Esclaves au paradis a sa place :
Il faut donc saluer l’initiative de la plate forme Groupe d’appui aux rapatriés et réfugiés (Garr) de
montrer cette exposition à Port-au-Prince, ne serait-ce que pour, selon les propres mots de Madame
Colette Lespinasse dans son texte d’accueil, « prendre position et agir pour combattre la pauvreté
dans le pays, source de migration. »
Mais, malgré tout, il faut reconnaître que l’expo, ce qu’elle montre de nous, n’est ni choquante ni
surprenante. A la limite, la bienséance devrait-elle nous interdire de nous indigner, pour ne pas
donner l’impression d’une complainte de pharisiens à un banquet d’hypocrites, sciant la paille pour ne
pas s’attaquer aux poutres. Car, en vérité, en vérité, rien de ce qu’on a vu au paradis n’est nouveau
sous le soleil des enfers.
Regardons et arrêtons-nous à quelques légendes prises au gré des images.
Je les laisse dans leur écriture créole – ont-elles été traduites ou adaptées à la compréhension
haïtienne ? – à vous de voir à quel pays, à quel batey, à quel esclavage elles réfèrent.
Jwenn ti moso manje a se yon chans
Janvier 2008 |
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