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Le Réseau national de défense des droits
humains (Rnddh) prend note d’une vague de protestations contre la
cherté de la vie, qui déferle sur le pays depuis le début du mois d’avril
2008. Les revendications du peuple haïtien consistent en la réduction
des prix des produits de première nécessité et en l’accès au droit à
l’alimentation, un droit fondamental que tout gouvernement a le devoir
de garantir.
Toutefois, le Rnddh déplore le fait que ces mouvements de protestation,
aussi légitimes soient-ils, soient émaillés d’actes de violences, de
vols et de pillages. Ces actes sont inacceptables au sein d’une
société démocratique.
Le Rnddh désapprouve les attaques perpétrées contre Télé Haïti, le
journal Le Matin, Radio Vision 2000, etc. et contre certains
journalistes, victimes dans l’exercice de leurs fonctions. Le Rnddh
attire l’attention de tous, notamment des manifestants et des forces
de l’ordre, qu’ils ont intérêt à protéger la liberté d’expression,
symbolisée par la Presse et les journalistes.
Le Rnddh condamne le manque de professionnalisme enregistré du côté
des forces de l’ordre dans la protection des droits et des biens des
citoyens. Les forces de l’ordre se sont rendues responsables de
mauvais agissements contre la population civile, occasionnant ainsi
plusieurs cas de décès et de blessés par balles, particulièrement dans
la ville des Cayes et des cas de blessés à Port-au-Prince devant le
Palais National.
En présentant ses sympathies à toutes les victimes de ces événements
et à leurs familles, le Rnddh souhaite ardemment que les responsables
de ces actes de pillage, de vols, de viols, de meurtres, et d’utilisation
abusive de la force, soient arrêtés et déférés par devant la justice
afin de répondre de leurs actes, quels que soient leur accointance et
leur degré de responsabilité dans la société.
Le Rnddh attire l’attention du pouvoir exécutif et du Parlement
haïtien sur le fait que ces mouvements de protestation résultent de l’application
de la politique néolibérale par ce gouvernement.
Aujourd’hui, Il y a donc nécessité pour le pouvoir de revoir son
orientation économique, de cesser de se faire dicter sa conduite par
le Fonds Monétaire International et la Banque Mondiale, mais d’appliquer
une politique économique sociale prenant en compte les revendications
et les intérêts de la population : la prise de mesures efficaces en
vue de baisser le coût de la vie, la création de travaux à haute
intensité de main d’œuvre, le renforcement et le soutien de la
production nationale, la cessation des gabegies dans l’administration
étatique, le combat contre la corruption et l’impunité au sein de l’Etat
sont autant de solutions pouvant éviter la répétition de tels
mouvements.
Port-au-Prince, le 09 avril 2008
Pierre Espérance,
Directeur Exécutif du Rnddh
Avril 2008
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