Extrait
d'une lettre de la Ligue des Exilés Haïtiens pour la Promotion et la Défense
des Droits Humains, en date du 15 mars
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La Ligue des Exilés
Haïtiens pour la Promotion et la Défense des Droits Humains basée à Paris
a le plaisir de vous informer qu'après concertation avec un ensemble de
partenaires intéressés aux différentes questions haïtiennes et conformément
à ses statuts, elle est sur le point de saisir une juridiction
internationale contre l'ancien-président autoproclamé Jean-Bertrand
Aristide.
L'idée est toute
simple : il s'agit de demander des comptes au président déchu pour
tous les crimes, toutes les exactions, toutes les violences, tous les actes
d'enlèvement, de torture qu'il a soit commandités soit soutenus dans le
cadre de ses multiples tentatives désespérées de rester au pouvoir. Au
moment où il se plaint d'avoir été enlevé et qu'il a déjà constitué
avocat en la personne de Me Collard, il importe de contre-attaquer sur des
sujets autrements plus sérieux et plus vitaux que les délires psychédéliques
de l'ancien prêtre-président.
La Ligue des Exilés
Haïtiens vous informe qu'une première réunion de travail avec l'avocat de
l'association Me Philippe Missamou a eu lieu la semaine dernière. Un agenda
de travail a été établi qui prévoit la cueillette des témoignages des
victimes, témoignages signés et authentifiés afin qu'ils soient déclarés
recevables par un magistrat français saisi dans le cadre de la compétence
universelle française. Désormais, la Ligue avec ses membres et partenaires
travaillent d'arrache-pied pour recueillir ces témoignages que Me Missamou
utilisera pour rédiger la requête. Sachant que les victimes et les parents
de victimes vivent un peu partout et sont difficilement accessibles pour la
plupart, la LEH vous serait reconnaissante de lui faire parvenir tous les
contacts de victimes afin de monter un dossier solide auquel le Tribunal fera
droit.
La Ligue des Exilés
Haïtiens tient par ailleurs à apporter une précision très politiquement
incorrecte. La plainte contre Aristide n'a absolument rien à voir avec une
opération de communication. Ce n'est pas non plus un espace que certains
pourraient tenter d'utiliser pour satisfaire leurs ambitions personnelles
mesquines. Et si d'autres organisations veulent porter plainte tant mieux.
Plus Aristide sera judiciairement acculé par une fronde de plaintes, mieux
ça vaudra.
Cette action qui est
une action judiciaire avant d'être une action politique constitue notre axe
de travail dans le cadre de la (re)construction annoncée en Haïti. C'est
une façon de dire non à l'impunité scandaleuse dont les assassins et les
scélérats ont toujours joui dans ce pays. C'est également une façon de
soutenir les victimes et de rappeler notre foi dans un postulat de base :
nulle société ne peut progresser sans avoir soldé les comptes et sans
savoir fait reculer le plus loin possible les limites de l'impunité.
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Philomé ROBERT
Président de la LEH