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Première République Noire Indépendante - 1er janvier 1804 |
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De quel pays venons-nous?
Il est tout à fait normal de critiquer pour corriger. Nous avons le devoir de dénoncer les tares qui rongent notre société si nous voulons réellement qu'elle se transforme. Toutefois, je ne sais plus qui disait : Si les courtisans ne peuvent que contribuer à la perpétuation de statu quo, les cassandres, les alarmistes et les frustrés ne peuvent guère non plus faire avancer les choses. L'actuelle crise politique partie dont on ne sait quoi de réel, divise les Haïtiens, exacerbe les passions à un point tel que beaucoup ont perdu toute leur lucidité, n'ayant plus la capacité de distinguer le vrai du faux, la vérité du montage, la réalité des chimères. C'est le cas de se demander combien d'institutions et de personnalités jadis réputées crédibles, garderont encore des plumes après le dénouement de cette "crise", car il faudra bien qu'elle se termine un jour. Nous sommes tous aveuglés par la passion, oubliant même jusquà nos composantes, nos origines... notre nationalité. De quel pays venons-nous? Question absurde, diront plus d'un, mais combien prouvent qu'ils le savent vraiment au vu de leurs actes et comportements? Combien de fois nous sommes-nous surpris de nous réjouir des maux qui frappent Haïti, des critiques vraies ou fausses dont on l'accable? Et combien de fois n'avons-nous pas contribué à alimenter la propagande nocive faite contre notre pays?. Les boat-people, les braceros, les gueux des rues, les "chimè" des bidonvilles, ce sont les autres, mais pas nous. Nous ne savons rien de ces gens-là. L'ironie, c'est que bien souvent, ceux qui tiennent de tels discours, ceux qui se livrent à de tels dérapages sont justement ceux-là mêmes qui sont issus de la classe défavorisée. Mais de quel pays venons-nous?. Beaucoup d'entre nous trépignent d'une sotte joie à chaque fois que des étrangers lancent des flèches venimeuses, écrivent des inexactitudes sur Haïti ou sur les Haïtiens. Que nous importe! Ils parlent des Haïtiens mais pas de nous! Mais de quel pays venons-nous? Il me vient tout de suite à l'esprit ce classement de pays dits corrompus publié dans le magazine nommé "Tranparancy". Disons-le tout de suite: Il ne saurait être question de tenter de justifier des pratiques de corruption dans un pays, parce que ailleurs, il y a eu Enron, emplois fictifs et autre Baninter. Mais, il est pitoyable de voir combien notre réaction de joie a été démeusurée à l'annonce qu'Haïti a été inscrite sur la première partie de la fameuse liste des " corrompus". Même si cela ne peut rien changer et même si la méthologie du travail de Transparency pourrait être sujette à questionnement, pourquoi avons-nous omis de dire que dans ce même classement il est également fait état de la dégradation de cette plaie qu'est la corruption dans des pays comme les Etats-Unis, le Canada, le Luxembourg, Israël et que la France partage le 23è rang avec l'Espagne. Encore une autre attitude qui fait pitié: Alors que partout à travers le monde notamment en Afrique, en Europe et en Amérique, des centaines de milliers de gens vivent déjà à l'heure de 2004 qui marque les 200 ans de l'indépendance d'Haïti, estimant que c'est une fête qui dépasse les frontières d'Haïti, étant la fête de la liberté; alors que des centaines de milliers d'Haïtiens de la diaspora brûlent déjà de la fièvre 2004, certains d'entre nous en Haïti, dévorés par des passions politiciennes, perdent la raison à un point tel qu'ils en arrivent à souhaiter l'échec, l'avortement de ce grand événement. Mais de quel pays venons-nous? Quel héritage de bassesse et de mesquinerie voulons-nous donc laisser à notre progéniture. Rappelons-nous que nous n'aurons aucune chance de nous racheter puisqu'il y aura pas d'autre centenaire pour nous. 2104 ne nous appartient pas. Nous avons tendance à voir tout en noir, à vouloir tout chambarder parce nous ne sommes pas aux commandes. Et parce que nous ne sommes pas aux commandes, nous exigeons tout du secteur d'en face. Comme des va-t-en-guerre, on ne râte pas une occasion pour partir à l'asssaut. Et les moindres failles des institutions de l'administration publique qui gémit sous le poids de dizaines de décennnies de corruption, sont alors dénoncées avec la dernière rigueur. Pendant ce temps, on avale sans mot dire les services ô combien médiocres mais payés très chers, fournis par des institutions souvent cinquantenaires ou centenaires du secteur privé. Nous croyons avoir le droit de tout dire sur les autres et nous attendons toujours d'eux qu'ils se lient pieds et mains, qu'ils se cousent la bouche pour se laisser détruire. Et s'ils osent tenter de se défendre, nous les accusons alors de vouloir nous enlever notre liberté d'expression..... j'allais dire, notre liberté de destruction. "La parfaite raison fuit toute extrémité et veut que l'on soit sage avec sobriété". Si nous croyons être en train de détruire les autres en fonçant tête baissée dans le jusqu'auboutisme, nous faisons erreur, car nous sommes plutôt en train de creuser notre propre tombe, même si d'autres devraient y tomber avant nous.
www.ahphaiti.org 22 septembre 2004
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