Latinoamerica-online

Cultura, Società e Il Mondo dei Caraibi

Teatro e danza 

 

di Mariella Moresco Fornasier

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Monte Calvo infinito    (17 settembre 2002)

Rites du candomblé au Festival de l'imaginaire   (marzo 2002)

 

 

 

Monte Calvo infinito

Ir al teatro por IR  

De nuevo se pone en escena la obra teatral colombiana que mayor número de veces ha sido representada por variados grupos del mundo entero y obtenido honrosos reconocimientos internacionales. Tinglado Teatro, bajo la dirección de Pedro Mogollón, nos hace recordar una vez más los horrores y las sinrazones de la guerra y la vigencia de una dramaturgia donde la actuación y el diálogo priman sobre la escenografía y los recursos técnicos.

Otra vez Canuto y Sebastián salen a escena en un basurero escueto donde algunos cajones, un barril, un parapeto y algunos trapos colgados que sugieren inmensas telarañas, les servirán como escenografía simplista para desovillar los diálogos que situarán a los espectadores en los recuerdos de la guerra de Corea (1954), cuando el Batallón Colombia se fue a defender la patria que no era y trajo como recuerdo algunos muertos y un montón de veteranos que terminaron sus días sin pena ni gloria, porque este pueblo, tanto ayer como hoy, ni sabe lo que hace, ni por qué pelea; ni puede, además, costearse el lujo de tener héroes.

La historia es bien conocida: Sebastián, el sargento, y Canuto, el payaso, son ahora un par de vagabundos hambrientos que en cualquier lugar del mundo (esta vez es un basurero, pero los he visto en estaciones de tren, bajo puentes con ratas, en el recoveco de algunas escaleras ruinosas, en la calle del cartucho, etc.) se ponen a hablar de sus penurias y a esperar al Godot que en este caso es un Coronel (aquí no cuentan los “ex” porque el delirio no excluye la recuperación de los sueños), personaje que más allá de su locura representa la posibilidad de un pan y un café con leche caliente: metáfora del hambre que arde en las entrañas y atiza el fuego con recuerdos.

Sebastián, mutilado de guerra, y Canuto, funámbulo en la cuerda floja de la vida tragicómica, hablan y ríen y lloran y esperan a quien parece que no llegará nunca. Pero. ¡Al fin! El Coronel aparece y desde entonces la escena se llena de fuerza e intensidad hasta cuando pasa lo que tiene que pasar: la locura mata al hambre pero también mata a la esperanza.

El Monte Calvo de Pedro Mogollón está hecho con las uñas, porque aunque la obra original no exige mayores recursos escenográficos, aquí se nota claramente que las luces del teatro son precarias y los elementos apenas recursivos. Pero ese no es en forma alguna impedimento para una dramaturgia decorosa, pues sirve para comprobar cómo por encima de los alardes técnicos y la espectacular parafernalia, los diálogos y la actuación funcionan como puentes de comunicación entre el escenario y la platea. Buenos trabajos de Tomy Vásquez (Canuto) y Juan S. Mogollón (Sebastián) y contundente el de Daniel Medina (El Coronel que, como ven, sí tiene quién le escriba), quien aparece ya casi al final de la obra y le da un giro sensible, que despierta al público y le hace recuperar el interés por la historia.

Además, este tipo de teatro ya no existe y sirve como túnel del tiempo para recordar los dorados años sesenta cuando nuestros buenos teatreros comenzaban, para sustentar el caótico presente con la amalgama de la maldita guerra y los benditos sueños; y el futuro, porque tanto la vida como el teatro (que son un solo engendro) funcionan de manera matemática: el tiempo va cambiándolo todo, aún la guerra, porque estos tres tristes trompos de los años cincuenta, mutilados y locos, lo que sea, a pesar de miserables parecen felices y pacíficos si los comparamos con las hienas que hoy disparan desde el monte y los zorros que hacen lo propio desde las sillas del poder.

El Monte Calvo, la obra de Jairo Aníbal Niño que le ha dado la vuelta al mundo y que ha sido representada centenares de veces por grupos de teatro profesionales y aficionados de los cinco continentes (recuerdo a los actores de Cracovia, dirigidos por el colombiano Giovanny Castellanos, o a los de Nicaragua, España y Ecuador) no pierde vigencia porque trata del común denominador de todos los pueblos de la necia tierra: ¡La guerra! Pero, además, porque en el actual momento nacional sirve para comprobar no sólo la estupidez de los enfrentamientos sin sentido, sino la demencial actitud de las fuerzas brutas en conflicto, que en la supuesta búsqueda de la recuperación de la paz, dialogan como Canuto y Sebastián y asesinan sin saber por qué, como el Coronel.  

 

Cronopios - Diario virtual para Hombres y Mujeres de Palabra, jueves 12 de septiembre de 2002

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Rites du candomblé au Festival de l'imaginaire

 de Sylvain Siclier

Rites du candomblé au Festival de l'imaginaire.

Du 5 mars au 7 avril, une vingtaine de troupes et d'artistes de toutes nationalités participeront, à Paris, à la manifestation organisée par la Maison des cultures du monde. Le Théâtre Zingaro accueillera notamment une cérémonie afro-brésilienne, qui mêle chants, danses et possessions.

"Conformément à la tradition du candomblé, hommes et femmes seront séparés. Il est fortement recommandé de s'habiller de vêtements clairs, le noir est déconseillé." 

Les spectateurs qui se rendront au Théâtre Zingaro, les 5, 6 et 7 avril sont prévenus sur le programme du 6e Festival de l'imaginaire, organisé du 5 mars au 7 avril par la Maison des cultures du monde. Les membres du terreiro Tumba Junçara de Salvador de Bahia, invités par les responsables du festival, viennent d'abord pratiquer un rituel religieux avec ses danses, ses chants, ses instruments et ses costumes. 
Comme on ne déplace pas les éléments visibles du rituel, costumes et instruments auront été façonnés spécialement pour cette occasion et consacrés une fois arrivés en France.

La nature festive et rassembleuse du candomblé permet le passage au spectacle. Un grand nombre des cérémonies sont ouvertes au public, pratiquant ou non, connaisseur ou non, même si l'on n'y débarque pas comme on irait au cinéma. La musique y occupe une place centrale. C'est par le jeu des percussionnistes (cloche et trois tambours de différentes tailles) et l'expressivité des chants que les divinités pourront se manifester au travers des transes des initiés qui les représentent. Et pourquoi se manifester si personne n'est là pour s'en apercevoir ?
A près de onze heures d'avion de leur territoire d'origine, les divinités - "enterrées" au centre du barracao, l'endroit où ont lieu les cérémonies, donc indéplaçables - répondront-elles à l'appel des initiés ? Nul ne le sait. Mais, pour Iraildes Maria da Cunha, mère de saints, responsable 
spirituelle du Tumba Junçara, il n'y pas d'obligation de résultats. "Si les dieux se manifestent, tant mieux", précise-t-elle simplement avec un sourire chaleureux.

"Une vie ne suffirait probablement pas pour appréhender toutes les subtilités du candomblé", explique Xavier Vatin, ethnomusicologue, installé dans la cité brésilienne du Nordeste, qui étudie le sujet depuis dix ans. Il n'y a pas d'orthodoxie apparente, pas de notations. 

Si un père ou une mère de tous les saints ne désigne pas de successeur, certains gestes, certains chants, seront perdus à jamais. Et il semble exister autant de variations du rituel qu'il existe de terreiros. La plupart des deux mille terreiros recensés à Salvador de Bahia ne regroupent que quelques dizaines d'adeptes et sont quasiment inconnus des circuits 
touristiques.


A Bahia, le candomblé est partout. Toutefois ce qui est montré au grand jour est loin d'en être la traduction exacte. Dans les boutiques fréquentées par les touristes, des cartes postales ou des bibelots représentent les orishas, les divinités africaines célébrées par le candomblé : Oshala, le dieu de la création, Oshum, la déesse des fleuves, Shango, le dieu du tonnerre et de la foudre, Ogum, le dieu noir du fer... 
Certains des costumes et des chars du carnaval sont inspirés de cette imagerie. Plus spontané que celui de Rio de Janeiro, devenu une énorme machine à compétition, emmené par les trio eletrico, spécificité bahianaise, ce carnaval traduit ainsi les racines et l'identité africaine 
de cette ville de 2,5 millions d'habitants.


FLEURS, PARFUM ET OFFRANDES
Le premier contact avec le candomblé peut se faire le 1er février, jour de la fête de Yemanja, déesse des eaux salées. Sur la plage du quartier du Rio Vermelho, près du marché aux poissons, les terreiros appellent à la protection de Yemanja pour l'année à venir. On apporte des fleurs, du parfum, des offrandes de bouche. Les dieux aiment ce qui est beau et bon. 
Hommes et femmes vêtus de blanc forment un cercle pour danser dans le sens contraire des aiguilles d'une montre. Le tambourinaire lance les rythmes et les chants propres à chaque dieu, à chaque terreiro.

Cette diversité musicale permet de mesurer la relation complexe du candomblé aux naçaos, les nations d'origine : Kêtu, Jêje et Angola pour l'essentiel, des modèles aux pratiques et aux langues africaines différentes, plus ou moins perméables entre eux et à l'apport portugais. 
Le candomblé Angola étant le plus afro-brésilien, notamment au travers du culte des caboclos, les esprits d'origine métisse indienne.
Le Tumba Junçara présentera au Théâtre Zingaro - dont la piste de terre battue et la construction sont plus proches d'un barracao que la scène de la Maison des cultures du monde - un candomblé de Angola et un candomblé de caboclos. Les grandes lignes du rituel, mené en osmose par le principal tambourinaire et le père ou la mère de saints, sont comparables. Les 
initiés entrent un par un. Ils sont les dépositaires des chants et des gestes d'une divinité précise qu'ils incarneront dans la transe. Ceux qui sont possédés sont conduits à l'écart pour être préparés à représenter leur divinité. Un repas, des boissons sont alors servis aux adeptes et 
spectateurs. Puis la cérémonie reprend, cette fois avec les dieux incarnés. Le maître-tambour et le père ou mère de saints, en lien direct avec l'ensemble des dieux, montrent qu'ils apprécient l'exécution d'un chant ou d'une danse en sollicitant sa poursuite ou non par des signes et 
des paroles. Le jeu entre l'acquis et l'improvisé est alors le plus intense.

Certes, on peut voir les manifestations de possession durant ces cérémonies avec une distance rationnelle. Mais il est difficile de rester insensible à cette ferveur sans calculs apparents. Le candomblé n'est pas prosélyte. Ce qui est devenu sa faiblesse face à l'offensive des Eglises 
pentecôtistes d'influence anglo-saxonne en plein essor au Brésil. Pour 2 500 reals (1 217 euros) elles vous réservent une place au paradis, remplacent souvent les services de l'Etat dans la relation sociale au quotidien. Ces Eglises, puissantes et riches, présentent le candomblé 
comme une manifestation archaïque, voire démoniaque, stigmatisant les pratiques sacrificielles et divinatoires qui y sont liées. Récemment, des adeptes de terreiros ont été molestés par ces "amis du genre humain".


LIEU MAGIQUE ET SECRET
A Salvador de Bahia, la plupart des habitants connaissent les noms, les attributs, les pouvoirs et la place des orishas dans le panthéon des candomblés. Au-delà du rite, le candomblé accueille ceux qui sont considérés comme "différents" : de nombreux homosexuels, hommes et femmes, 
sont adeptes ; les dépressifs, les exclus, y trouvent une attention et une écoute qui pourraient être proches de celles de la psychanalyse.
Manifestation artistique, le candomblé est aussi un lieu magique et secret avec ses histoires dont l'interprétation reste libre. Par exemple celle d'une femme qui a voulu s'emparer d'un lieu de culte abandonné dans le quartier de Vila America. Après avoir dérangé le barracao et imposé les 
objets de son rituel, elle s'apprêtait à prendre ses fonctions de mère de saints. Un chauffeur vient la chercher sur place. En dépit du frein à main enclenché, du moteur éteint, la voiture se mit à descendre la rue pentue et entra en collision avec un camion lancé à vive allure, du côté du 
chauffeur. Ce dernier n'eut pas une égratignure. La tête de la femme, pourtant non installée au point d'impact, fut retrouvée à bonne distance de son corps.

Le Monde,  5 marzo 2002

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