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2004: Année internationale de
commémoration de la lutte contre l’esclavage et de son abolition
Message du directeur général de l’UNESCO Le monde a connu avec la traite négrière et l’esclavage l’une des pages les plus tragiques de son histoire. Le
monde a connu avec la traite négrière et l’esclavage l’une des pages
les plus tragiques de son histoire. Cette entreprise de déshuma-nisation,
contraire aux fondements mêmes de la Déclaration universelle des droits de
l’homme, unanimement condamnée par la communauté internationale, en
particulier lors de la Conférence mondiale de Durban contre le racisme, la
discrimination raciale, la xénophobie et l’intolérance qui y est associée,
qui l’a qualifiée de « crime contre l’humanité », appelle
la réflexion de tous et la vigilance de chacun.
L’UNESCO se félicite
que l’année 2004, qui marque le 200e anniversaire de l’avènement de la
première République noire, Haïti, ait été proclamée par l’assemblée
générale des Nations Unies « Année internationale de commémo-ration
de la lutte contre l’esclavage et de son abolition ». Elle offre
ainsi, dix années après le lancement du projet de l’UNESCO « La
route de l’esclave », l’occasion au monde entier non seulement de
se livrer au nécessaire devoir de mémoire de cette tragédie sans précédent,
mais aussi de faire connaître les innombrables influences que ce dialogue
forcé a imprimé sur les cultures et civilisations d’Europe, des Amériques
et des Caraïbes. Au-delà de ce regard rétrospectif, elle veut aussi
alerter sur toutes les formes de racisme, de discrimination et d’intolérance
contemporaines, et être ainsi l’occasion d’une prise de conscience
renforcée du nécessaire respect de la personne.
Institutionnaliser la mémoire,
empêcher l’oubli, rappeler le souvenir d’une tragédie longtemps occultée
ou méconnue et lui restituer la place qui doit être la sienne dans la
conscience des hommes. C’est en effet répondre à notre devoir de mémoire.
Il faut pour ce faire promouvoir et vulgariser l’histoire de la traite négrière
et de l’esclavage, et se livrer à un travail scientifique rigoureux
mettant en lumière toute la vérité historique de ce drame dans une
optique constructive. Il est urgent que cet épisode majeur de l’histoire
de l’humanité, dont les conséquences sont à jamais scellés dans la
géographie et l’économie mondiales, prenne toute sa place dans les
manuels scolaires et les curriculum de tous les pays du monde.
En célébrant le
bicentenaire de la première république noire et en commémorant les
grandes figures de l’abolitionnisme, nous n’oublierons ni les événements
qui l’ont précédée à Saint-Domingue de 1971 à 1804 et ont abouti à
l’affranchissement des peuples des Caraïbes et d’Amérique Latine, ni
l’histoire plus large et complexe des abolitions de l’esclavage, une
histoire faite de généreuses avancées philosophiques, politiques,
juridiques, culturelles et sociales, mais aussi de tragiques reculs. Le
triomphe des principes de liberté, d’égalité, de dignité des droits de
la personne seront ainsi mis en lumière. Cette étape majeure de l’histoire
de la libération des peuples et de l’émergence des Etats des Amériques
et des Caraïbes doit être mieux connue et respectée.
Mais cette commémoration
doit aussi constituer le cadre d’un dialogue renforcé entre les cultures
et les civilisations. En retraçant les interactions culturelles issues de
la traite négrière qui ont conduit tant d’hommes et de femmes d’Afrique
loin de leur terre natale, nous pouvons en effet célébrer l’extraordinaire
rencontre des cultures née de ce dialogue forcé. Il a transformé,
profondément et durablement les Amériques et les Caraïbes, offrant
à ce continent des traditions culturelles une ingéniosité des savoirs
techniques et scientifiques des savoir-faire et une spiritualité qui sont désormais
indissociables des cultures américaines et caraïbéennes. Connaître et
reconnaître l’empreinte majeure des cultures africaines sur la formation
des Cultures et civilisation du monde sera donc le deuxième objectif de
cette commémoration.
Cette restitution
historique devrait pouvoir aménager un cadre propice à la promotion d’un
dialogue équitable entre les peuples dans le respect de l’universalité
des droits humains de sceller l’engagement de lutter contre les formes
contemporaines de l’esclavage et du racisme. Comme nous y invite la déclaration
finale de la Conférence de Durban. Appréhender et analyser de manière
approfondie cet épisode historique permettra sans nul doute de mieux
comprendre la discrimination qui se manifeste dans la vie d’aujourd’hui
et d’adhérer avec une conviction renforcé aux valeurs fondamentales de
la dignité de la personne en vue de bâtir un avenir digne et durable.
Universaliser la prise
de conscience de la tragédie de la traite négrière et de l’esclavage
est donc une exigence qui concerne non seulement le passé, mais aussi le présent
et l’avenir. Son importance pédagogique, éthique et civique peut être
considérable si nous savons lui accorder une juste attention.
C’est pourquoi j’en
appelle à une participation renforcée de la société civile dans son
ensemble comme des secteurs public et privé dans tous les Etats membres,
afin qu’ils prennent, chacun à leur manière, une part active dans
la célébration de cette année 2004.
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Latinoamerica-online Ass. Cult. Imago Mundi - Direttore responsabile Mariella Moresco FornasierRegistrazione presso il Tribunale di Milano n. 768 del 1/12/2000 e n. 258 del 13/04/2004 ISSN 1824-1360 © Tutti i diritti riservati |